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Entretien : Roman Polanski présente à Cannes "La Vénus à la fourrure" avant de mettre en chantier un film sur l'Affaire Dreyfus

vendredi 24 mai 2013


Roman+Polanski
Le Festival de Cannes est le plus grand événement cinématographique au monde. Sa vocation est de révéler et mettre en valeur des œuvres pour servir l'évolution du cinéma et favoriser le développement de l'industrie du film à l'international. 
C'est dans ce lieu privilégié de découvertes et de brassage culturel qu'est dévoilée la Sélection officielle couronnée lors de la cérémonie de clôture par la remise de la Palme d'Or au meilleur film de la Compétition.
Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski est né le 18 août 1933 à Paris. Il présente cette année à Cannes son dernier opus, la Vénus de fourrure, réalisé dans des conditions particulières après son assignation à résidence en Suisse qui avait défrayé la chronique.  Comédien dans certains de ses propres films, ce surdoué a connu une vie extraordinaire (voir sa biographie "entre deux mondes") et réalisé de nombreux films sur des thèmes particulièrement divers. Si son préféré reste "Le Pianiste" (lire l'entretien ci-dessous), d'autres comme Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown,  Tess ou encore Oliver Twist et The Ghost Writer et Carnage marquent son véritable éclectisme.

biographie+Roman+Polanski
Pourquoi avez-vous produit « Week end of Champion » il y a 40 ans ?
D’abord parce que j’étais fan à l’époque de Formule 1, de la course automobile en général. D’ailleurs j’étais dans une école de courses qui s’appelait ‘The Racing Stables’ mais ça, c’était le fond. La vraie raison, c’est que je voulais faire un film sur Jackie, avec qui j’étais ami depuis déjà plusieurs années et que j’admirais énormément, comme champion, mais surtout comme homme. Voilà, la raison était simple.
 Et pourquoi le produire et ne pas le réaliser ?
Parce que je ne pensais pas que le documentaire était vraiment mon truc. En plus j’étais en train de finir ‘Macbeth’ qui est un film extrêmement difficile. Le tournage était long, j’étais encore là dessus. Je n’avais vraiment physiquement pas le temps. Et puis je pensais que Franck Simon, que j’ai connu ici à Cannes, avec son premier film, parce qu’il avait un film ici, était parfait pour ce genre de travail.
Pourquoi le film ne sort que maintenant en salles ?
Il y a 40 ans le film est sorti au Festival de Berlin, où il a eu un prix, et ensuite il a été montré à la télé. Mais à l’époque, très rarement les films documentaires étaient montrés dans des cinémas. Je crois qu’il l’ont passé dans des cinémas à Berlin pendant quelques semaines et c’était la fin de sa carrière et il fut montré à la tv comme je vous l’ai dit, en Angleterre, et en France aussi je crois, et puis il est resté dans les caves du laboratoire Technicolor pendant toute cette période ; De temps en temps j’y pensais. Et Franck Simon nous a quittés entre temps. Il a eu un accident cérébral, ou cardiaque, je ne me rappelle plus très bien. Ca s’est passé en Amérique, donc je ne l’ai pas vu avant ça.
On a plus ou moins oublié le film et le laboratoire m’a contacté en me demandant s’ils pouvaient disposer du négatif. Parce que vous savez que le négatif est toujours gardé à une certaine température, à une certaine humidité de l’air, ça coûte. Et je crois que personne ne payait plus pour l’entretien de ce négatif ; Je leur ai dit non, attendez, je vais le revoir, et j’ai décidé tout de suite de le restaurer, de faire un master et puis je me suis dit, quand j’ai un moment, je vais remonter le film et essayer de le ressortir. Çà m’a pris quelques années. Enfin je me suis assis avec mon monteur et j’ai retravaillé le film et j’ai décidé de faire un petit post scriptum avec Jackie, en regardant cette époque, 40 ans plus tard.
 Vous êtes aussi à Cannes pour votre film ‘La Vénus à la fourrure’ qui sera présenté demain. Comment vous sentez-vous ?
Ben j’attends avec impatience ce moment, bien sur. Avec le reste de notre équipe.
Quels sont vos futurs projets ?
J’ai un projet de film sur l’affaire Dreyfuss ; Nous sommes en écriture du scénario en ce moment. Je n’ai pas de date concrète encore.
Comment faites-vous pour conserver cet enthousiasme de vos débuts ?
Je ne sais pas, j’aimerais bien savoir pour pouvoir conseiller aux autres, mais je pense que c’est probablement parce que c’est toujours ma passion. Vous savez, on n’a pas besoin de faire des efforts quand on a la passion. Quand on a une passion pour quelque chose, ça vient tout seul.
Y a-t-il un sujet que vous n’avez jamais réussi à porter au cinéma ?
Il y en a eu beaucoup. Il y a toujours eu des problèmes qui ont gâché le projet, mais je ne sais pas. Le dernier où j’étais déjà assez avancé était un film sur Pompei, d’après le livre de Robert Harris. C’est le même écrivain avec qui je travaille actuellement sur l’Affaire Dreyfuss, et avec qui j’ai fait Ghost Writer, qui était aussi l’adaptation d’un de ses livres.
Quel est votre meilleur souvenir de Cannes, le moment le plus fort ?
Il faudrait que je réfléchisse. Mais je peux vous dire déjà qu’il y a eu plusieurs moments forts. Ma première visite quand j’étais encore à l’école de cinéma. A cette époque, c’était tout à fait autre chose. La Croisette était pratiquement vide. Mais quels souvenirs d’être ici même pendant 24 heures ou quelque chose comme ça. Un autre moment fort, qui a duré tout le Festival, c’était quand j’étais le président du jury. Et c’était Cannes vu d’une autre perspective. C’est du vrai travail. Voir deux films chaque jour. C’est facile quand ce sont les films de votre choix. Mais pas les films imposés. Je me rappelle de ça avec un mélange de joie et de fatigue.
Et bien sûr, un moment fort fut la Palme d’Or, j’aurais dû vous dire ça tout de suite. C’était pour le Pianiste.
Quel est votre film préféré parmi tous ceux que vous avez réalisés ?
Le mien ? je pense que c’est le Pianiste. C’est mon film le plus personnel, un film qui dit des choses importantes. Je pense qu’il y avait une espèce de d’aura pendant le tournage qui nous accompagnait. Et même maintenant avec 10 ou 11 ans de recul, je vois que c’était le film le plus important pour moi.
Vous êtes à un âge où on commence à multiplier les hommages. Vous le vivez comment ?
Mais vous savez, ces hommages, on me les donne depuis un certain temps et à chaque fois qu’on me fait des hommages, j’ai l’impression qu’on veut se débarrasser de moi. Mais je n’en ai aucune envie qu’on me pousse de côté ; je veux encore continuer à faire ce que j’aime tellement faire.
(avec l'aimable autorisation de Marc Paris)
A lire : "Polanski : Entre deux mondes" : Une enfance déchirée dans le ghetto de Cracovie, une vocation d'acteur et de metteur en scène, les années de vaches maigres, le rêve américain brisé successivement par le terrible assassinat de sa femme et une lamentable affaire de mœurs, puis les films à retentissement international qu'il réalise en France jusqu'à la consécration avec Le Pianiste : Roman Polanski a traversé les pires épreuves, a relevé tous les défis. Frédéric Zamochnikoff et Stéphane Bonnotte ont fouillé la vie et l'œuvre de ce réalisateur dérangeant, peintre sans concession de la solitude au milieu d'univers hostiles et de l'ambiguïté des êtres humains comme des situations, où survit néanmoins l'espoir.
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Parlement européen : Jean-luc Mélenchon met les socialistes en pétard !

Mélenchon+photo+wiki
J.L. Mélenchon
Photo @Wikipedia
L’aide alimentaire a-t-elle été mise en danger par Jean-Luc Mélenchon et les communistes au Parlement européen ? C'est en tous cas ce qu'indique un communiqué du groupe des parlementaires socialistes à l'issue d'une réunion de la commission de l’emploi et des affaires sociales, présidée par Pervenche Berès.
 La commission a en effet adopté lundi 20 mai dernier à Strasbourg le rapport d’Emer Costello, eurodéputée socialiste irlandaise, sur le Fonds européen d'aide aux plus démunis. Ce rapport, voté à une très large majorité, donnait la priorité donnée à l'aide alimentaire, point d'entrée de tout parcours d'inclusion sociale. 
Les eurodéputés font aussi valoir d'autres avancées, comme l'augmentation d’1 milliard d’euros du budget alloué, en le portant à 3,5 milliards d'euros, la participation obligatoire des Etats membres (plusieurs députés de groupes politiques différents veulent rendre la participation des Etats volontaire, estimant que leur pays n'a pas besoin de recourir au Fonds), la mobilisation des denrées alimentaires en provenance des stocks d'intervention agricole. 
Enfin l'élargissement des personnes éligibles et la simplification administrative pour les structures d'aides aux plus démunis.
"Ce succès nous l'avons arraché en commission de l'emploi et des affaires sociales. Mais les communistes, par leur abstention, ont empêché l’ouverture des négociations avec le Conseil", s'indignent les socialistes, selon qui  tout est désormais à recommencer pour obtenir en plénière en juin un mandat aussi ambitieux et le feu vert à la négociation. 
De facto, l’adoption du texte sur le Fonds européen d’aide aux plus démunis est mise en danger et retardée. A cette faute impardonnable, deux élus communistes – Jean-Luc Mélenchon et Younous Omarjee – ont ajouté"la calomnie sur Twitter"  selon le communiqué qui insiste :"Qu’ils soient totalement invisibles au Parlement européen, soit. Mais qu’ils aient au moins la décence d’être discrets dans leur logique du pire qui menace notre travail en faveur des plus démunis, travail reconnu par tous les acteurs des banques alimentaires".
G.R.
(redaction@LYonenFrance.com)

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Kent, un certain art de la rupture - à guichet fermé le 18 mai 2013 - Lyon, Palais de la mutualité

jeudi 23 mai 2013

Kent+Lyon
Le concert de Kent au palais de la mutualité de Lyon s'est joué à guichet fermé. Il faut croire que le public a de nouveau envie d'aventures et c'est une sacrée surprise.
Le nouvel album "Le temps des âmes" rencontre un écho dans la presse. Il se passe quelque chose, il y a des retrouvailles dans l'air malgré une industrie musicale en déroute. Il faut dire que cet album remue. J'explique ceci par la sincérité du sujet. Jamais les textes de Kent n'ont été aussi justes, il se regarde en face ("Jeune con"), il s'affronte et oublie les mises à distance. On le sent à l'aise dans ses baskets. "Aimez moi comme je suis" chantait Daniel Darc sur l'album Nijinsky, c'est un peu le propos ici. Le vernis s'est barré et c'est tant mieux!

 Avez-vous remarqué que les grandes chansons partent toutes de l'intime pour toucher l'universel ? Et elles débarquent au moment où l'artiste lâche enfin les rênes de l'émotion et se livre entier. Il y a pour exemple récent "Ton héritage" de Benjamin Biolay, ou "Boulevard des Capucines " d'Etienne Daho. Sur "L'éternité", la chanson "Notre amour" est de cette trempe là. Elle vous prend à la gorge et fait écho directement à nos vies. Une claque magistrale. Depuis sa sortie, ce nouvel album squatte ma platine et ce n'est pas un hasard. Je vous l'ai dit, il se passe quelque chose. Kent a trouvé une nouvelle direction. Un peu par hasard. Je ne crois pas qu'il s'y attendait. Tout part d'une ville bouillonnante, Berlin, et d'une rencontre avec un pianiste allemand, Marc Haussmann. Le voyage, les rencontres. C'est sans doute ce qui caractérise le mieux Kent. Egalement, le souci de ne pas reproduire les formules, de casser le jouet quand il fonctionne trop bien. Un certain art de la rupture, en fait.

Après, il faut savoir repartir, affronter les doutes, mais surtout, rester ouvert au monde. Ce n'est pas le chemin le plus direct vers le succès, il y a parfois des erreurs de trajectoire. Mais elles sont autant de briques qui construisent le mur d'une vie. Avec le temps, Kent peut se retourner avec fierté sur sa carrière. Elle est iconoclaste, unique, honnête. Sur scène, la formule est simple, un piano, une voix, quelques accords de guitare. Sur le papier, elle pouvait faire craindre un truc un peu vieillot. C'était sans compter sur le talent de Mark Haussmann. Son jeu est moderne et d'une grande liberté. De son coté, le chant de Kent n'a jamais été aussi juste et posé. Avouons le, 56 ans est un bel âge pour être au sommet de son art. Je reste sous le choc des arrangements d'anciennes chansons. La relecture de "Je suis un kilomètre" m'a bouleversé. Vraiment, tout fonctionne dans ce spectacle. Je garde en mémoire ces balles de ping-pong trébuchant sur les cordes du piano de Mark Haussmann pour un instant de grace sur "Face à la lumière". Un moment de poésie rare. Et cette "Montée Bonafous" chantée à nu pour un public lyonnais aux anges. Là aussi il fallait le faire. Préparez vous, l'histoire est repartie une nouvelle fois et une tournée débutera en septembre prochain. Prenez le train de l'aventure. Attention, Kent existe encore, et ça fait un bien fou!
 Marc Antoine BIDON
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Une biographie de Georges Moustaki, avec Wikipedia

portrait+georges+moustaki
Le célèbre chantre de la Liberté s'est éteint le 23 mai 2013 des suites d'une maladie pulmonaire à l'hôpital de Vence près de Nice. Georges Moustaki, né "Giuseppe Mustacchi", de parents grecs, à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934 venait tout juste de fêter ses 79 ans.

Instrumentiste, auteur-compositeur-interprète, poète, ses oeuvres seront souvent chantées par les plus grands : Piaf, Reggiani, Barbara, Dalida, Montand, Salvador entre autres... Georges Moustaki se révèle, comme interprète en 1969 avec "Le Métèque" souligne la belle biographie  de Marc Legras publiée sur son site internet. "Il compose pour le cinéma, aime également écrire, dessiner et peindre. Il parcourt la France et la planète (parfois à moto) pour rencontrer ses amis, en découvrir de nouveaux et chanter partout sa révolution permanente". 
"Chaque instant est
toute une vie"

met en lumière
 le parcours
 d’un homme riche

(livraison par Amazon)
 Un homme simple, naturel, vif et amusant, piquant parfois...
Barbara dit un jour :"Moustaki, c'est ma tendresse". Un mot qui lui va à ravir. Né et éduqué dans un environnement multiculturel (juif, grec, turc, italien, arabe, français) il s'est installé à Paris à l'âge de 17 ans et a très vite été passionné  par la littérature et la chanson française.
Journaliste puis barman dans un piano-bar, il a rapidement fréquenté des personnalités du monde musical de l'époque. Il emprunte son prénom d'artiste à Georges Brassens à qui il vouait une véritable admiration. En 1958, il rencontre Édith Piaf, pour laquelle il écrira une de ses chansons les plus connues, Milord. Il aura avec elle une relation fougueuse, mais courte.
biographie+Moustaki Tout au long des années 1960, il compose et écrit pour les grands noms de la chanson française comme Yves Montand, Barbara et surtout Serge Reggiani. Il crée alors des chansons qui resteront parmi ses plus grands succès : Sarah, Ma solitude, Joseph et Ma liberté ou encore La Longue Dame brune qu'il interprète alors en duo avec Barbara.

En janvier 1970, il fait son premier grand concert en vedette à Bobino, avant d'alterner, durant trente ans, les voyages au long cours et les retours à la scène. Victime de "problèmes respiratoires", Georges Moustaki doit écourter un concert le 8 janvier 2009 à Barcelone... Le 14 octobre 2011, le chanteur annonce à la presse qu'il est définitivement incapable de chanter. Georges Moustaki restera dans la mémoire populaire l'un des chanteurs les plus sympathiques du vingtième siècle, "un homme exquis" se souvient l'ancienne muse de St-Germain des Prés  Juliette Greco
Télécharger les meilleurs titres de Georges Moustaki en MP3 : Le MetequeMoustaki
Gilles Roman
(redaction@lyonenfrance.com)
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